Édito
Félicitations à François Brottes
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Félicitations à François Brottes

C'est avec satisfaction que Georges Bescher salue la réélection de François Brottes dans la Ve circonscription de l'Isère.

Le travail acharné de ce député a été récompensé.

Sur le plan national, l'opposition se renforce, et le PS est désormais engagé sur le chemin de sa rénovation.

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> Le site de François Brottes consacré aux élections législatives.
Soutien à François Brottes
Soutien à François Brottes, notre Député

Mon ami François Brottes est un député actif dans sa circonsription et à l'Assemblée nationale.

Attentif à tout et à l'écoute de chacun, je peux témoigner que les amendements législatifs qu'il a proposés et souvent fait adopter, sont nés pour la plupart de rencontres qu'il a eues ou de réunions qu'il a tenues ici, localement.

Cette sensibilité aux soucis des uns et des autres, il l'exprime dans ses interventions lors des manifestations communales ou associatives auxquelles il est invité. Ses discours ne son jamais « creux ».

Cette compétence, cette sensibilité aux problèmes et cette attention aux habitants de la circonscritpion sont souvent enrichies par l'expérience de sa suppléante Éliane Giraud, Conseillère régionale en charge de l'agriculture et Présidente du Parc naturel régional de Chartreuse.

Voilà deux élus passionnés, honnêtes et travailleurs.

Il importe donc que, demain, François Brottes soit encore notre Député, et Éliane Giraud sa suppléante, pour que les valeurs qu'ils portent tous les deux, soient défendues ici et à l'Assemblée nationale.

Depuis le début de son mandat, Georges Bescher travaille en étroite collaboration avec notre député François Brottes, sur l'ensemble du canton.

C'est tout naturellement que Georges Bescher fera le choix de la confiance, les 10 et 17 juin prochains, lors des élections législatives.

Georges Bescher sera aux côtés de François Brottes lors des réunions publiques qui se tiendront dans les communes du canton du Touvet.
Bienvenue sur le site de Georges Bescher, Conseiller Général du Canton du Touvet
Bienvenue sur le site de Georges Bescher, Conseiller Général du Canton du Touvet

La Toile est un outil hors pair pour mettre à la disposition de chacun des informations qui le concernent ou l'intéressent.

Dans cet esprit de proximité et de lien direct avec le citoyen, ce site regroupe des informations à propos de votre conseiller général, et de son action au sein du Conseil Général de l'Isère.

Dans la section « Agenda », vous trouvez les dates des permanences que Georges Bescher tient régulièrement pour rester à l'écoute des habitants du canton.

Les communiqués de presse et le détail du budget 2006 du Conseil Général sont disponibles en téléchargement dans la section « Subventions et dotations ».

La rubrique « Archives » contient des textes liés à l'actualité politique du canton du Touvet.

Pour toute question, remarque ou suggestion, rendez vous à la rubrique « Contact ».
Élections législatives
Depuis le début de son mandat, Georges Bescher travaille en étroite collaboration avec notre député François Brottes, sur l'ensemble du canton.

C'est tout naturellement que Georges Bescher fera le choix de la confiance, les 10 et 17 juin prochains, lors des élections législatives.

Georges Bescher sera aux côtés de François Brottes lors des réunions publiques qui se tiendront dans les communes du canton du Touvet.
Réunions publiques cantonales
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Réunions publiques cantonales (mars 2006)

Georges Bescher tient actuellement des réunions publiques pour débattre de la politique du Conseil Général de l'Isère. Les dates des réunions sont les suivantes :

• Jeudi 16 mars à 20 heures à Crolles (salle Boris Vian)
• Jeudi 23 mars à 20 heures à Saint Bernard du Touvet (maison du col de Marcieu)
• Jeudi 30 mars à 20 heures à La Buissière (salle des fêtes)
• Jeudi 6 avril à 20 heures à Chapareillan (La Fruitière)

Les réunions sont, bien entendu, librement accessibles à tous !
Horaires de permanences (octobre-novembre)
Les permanences du dernier trimestre 2005 sont mises en ligne.

Consultez la page 'Agenda' pour connaître les dates, horaires et lieux des permanences de votre Conseiller général.
Cycle des permanences cantonales
Votre conseiller général a terminé son cycle d'été des permanences cantonales.

Il a été présent les :
Mardi 14 juin 2005 à CROLLES0 (8h30 - 10h00), LUMBIN (10h30 - 12h00), SAINT HILAIRE DU TOUVET (14h00 - 15h30), SAINT PANCRASSE (16h00 - 17h30),
Jeudi 30 juin 2005 à SAINT VINCENT DE MERCUZE (08h30 - 10h00), LE TOUVET (10h30 - 12h00), SAINTE MARIE D'ALLOIX (14h00 - 15h30), LA BUISSIERE (16h00 - 17h30)
Mardi 5 juillet 2005 à BARRAUX (08h30 - 10h00), CHAPAREILLAN (10h30 - 12h00), SAINTE MARIE DU MONT (14h00 - 15h30), SAINT BERNARD DU TOUVET (16h00 - 17h30)

Le prochain cycle de permanences sera à l'automne.

Par le biais de la rubrique 'Agenda', vous pourrez prendre connaissance des dates et lieux des permanences.

Visite cantonale, en présence d'André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère
Aujourd'hui se déroule la visite cantonale en présence du président du Conseil Général de l'Isère, André Vallini.

Au programme, entre autres :
- le tunnel d'accès au plateau des Petites Roches
- visite de la ferme de Bellechambre
- arrêt au CMC des Petites Roches
- visite de l'exploitation viticole Portaz et fils à Chapareillan
- rencontre-débat à La Terrasse.
François Hollande - Conseil national du 4 juin 2005
Nous sommes aujourd’hui réunis pour tirer toutes les conclusions du référendum du 29 mai, de la campagne comme de son résultat. Mais, nous sommes aussi réunis pour engager dès à présent la préparation de l’alternance.

Une majorité de Français vient de rejeter le Traité constitutionnel. Ils l’ont fait après des semaines de débat intense. Au-delà du « Oui » et du « Non », au-delà de nos positions collectives ou personnelles, cette décision engage notre pays et a d’ores et déjà des conséquences sur l’Europe.

Ce n’était pas la position de notre Parti, telle qu’elle s’était exprimée par la consultation militante du 1er décembre. Je regrette donc ce résultat, mais j’en prends toute la mesure. Je veux d’abord remercier tous les militants socialistes qui ont défendu, tout au long de cette campagne, la ligne de leur parti. Ils l’ont fait dans un contexte difficile et dans une grande confusion. Ils l’ont fait au nom d’une double fidélité. Une fidélité à leur engagement européen et une fidélité au vote militant. Je rends également hommage à ceux qui, ayant défendu le « Non » dans notre débat interne, ont tenu leur engagement de discrétion et de réserve. Je déplore la division qui s’est installée en notre propre sein et sur laquelle nous aurons collectivement à revenir, car elle porte sur les fondements mêmes de notre vie collective. En disant « Oui », les socialistes répondaient à la question posée, celle relative à la ratification du Traité constitutionnel. Ils considéraient que c’était un progrès réel et en plus partagé par l’ensemble des socialistes européens. C’était, à nos yeux, la bonne position. Mais l’ampleur du vote « Non » au référendum montre bien qu’une partie de nos électeurs a d’abord jugé un contexte plus qu’un texte.

Notre premier devoir est donc de comprendre. Le vote du 29 mai est à la fois une addition de refus, une expression des peurs et une exigence de changements.

1. Addition de refus :

Le premier refus, c’est celui du texte qui a été jugé par beaucoup trop long, trop compliqué, trop en continuité avec les traités antérieurs que nous avions nous-mêmes élaborés et votés. Bref insuffisamment protecteur pour être lui-même protégé de la vindicte à l’égard de la droite ;
Le refus du pouvoir, du pouvoir qu’incarne Jacques Chirac demeuré sourd à toutes les interpellations du pays, à tous les avertissements électoraux, à toutes les souffrances sociales (précarité, RMI, abandon…) ;
Le refus du libéralisme, à travers la politique de la droite depuis trois ans qui a augmenté le chômage, accru la précarité et aggravé les inégalités sociales, mettant les classes populaires et une partie des classes moyennes en situation de rupture à l’égard du libéralisme dans toutes ses déclinaisons, aussi bien européenne que française ;
Le refus de l’Europe telle qu’elle est, et dont nous sommes sur beaucoup de points les auteurs. C’est-à-dire essentiellement une Europe économique, monétaire et insuffisamment démocratique. Le paradoxe aura voulu que le Traité constitutionnel qui était supposé répondre à ses insuffisances fasse les frais de l’insatisfaction à l’égard de l’Europe d’aujourd’hui.


Voilà les refus ; ils sont multiples, ils ne sont pas forcément cohérents les uns les autres, mais ils se sont exprimés de la même manière à travers un « Non » majoritaire dans le pays.

2. Expression des peurs :

Peur de l’avenir, à travers la crainte de la perte de leur propre identité : sociale, nationale ; c’est vrai que notre peuple est en quête –et depuis longtemps- de repères, de sécurité, de références stables ; cette crainte touche des catégories sociales déboussolées par le libéralisme et par la crise ; peur des ouvriers par rapport à la mondialisation ; angoisse des ruraux par rapport à la dislocation des territoires, à l’effacement des traditions, des modes de vie, des cultures ; inquiétude des agents publics par rapport aux menaces sur les services publics. L’identité européenne est apparue trop vague pour donner une cohésion face à une identité nationale elle-même en crise ;
Peur de l’autre : l’élargissement mal expliqué et mal préparé, conjugué au spectre complaisamment entretenu de l’adhésion de la Turquie a été aussi un vecteur du « Non ». Je ne parle pas de sa version xénophobe dont le plombier polonais a pu être un moment l’expression, mais de l’appréhension d’une compétition entre salariés à travers les délocalisations, entre systèmes sociaux, entre peuples, alors même que le Traité fournissait un élément de réponse


Les angoisses existent et il ne servirait à rien de les nier. Encore faut-il savoir, ensemble, les dominer, les maîtriser et être capables d’y répondre. Je considère, aujourd’hui, qu’une course de vitesse est engagée entre la gauche et les extrémistes sur le bon ou le mauvais usage de ces peurs.

3. Exigence de changements :
Le résultat du 29 mai, venant après d’autres consultations, sert de révélateur. Il exprime aussi des attentes :

Demande de sécurité sociale : d’abord l’emploi, à travers la préparation des mutations industrielles, l’organisation des parcours professionnels, l’effort en matière de formation ; l’éducation, à travers la garantie de l’accès de tous au savoir ; le logement, comme première garantie personnelle… Bref, tout ce qui fonde le pacte social a été une, une nouvelle fois, une exigence portée par les électeurs du « Oui » comme du « Non ».
Exigence de solidarité territoriale : la fracture territoriale saute aux yeux ( centre des villes / périphérie – métropoles / zones rurales – centres technologiques / régions industrielles). C’est une revendication d’égalité mais aussi d’avenir : accès aux services publics, aux technologies. Nous devons donc répondre à ce sentiment d’abandon dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires.
Expression d’un projet collectif : il ne peut y avoir d’ambition européenne sans projet national. Il ne peut y avoir de confiance dans l’élargissement de notre horizon démocratique sans participation à la vie collective. Il ne peut y avoir d’adhésion à un grand ensemble institutionnel qu’est l’Europe sans rénovation du lien démocratique, en France notamment.
Volonté d’une Europe plus protectrice : Dans le « Oui » comme dans le « Non », c’est cette même demande qui s’est exprimée : une Europe plus politique –nous disions que c’est avec le Traité qu’elle était possible-, une Europe plus responsable –nous disions que c’est avec le Traité qu’elle était organisée-, une Europe plus maîtrisée pour son avenir –nous disions que c’est avec le Traité qu’elle était ainsi introduite-, une Europe plus régulée, plus sociale.


Ces exigences sont lourdes. Et nul ne peut prétendre y répondre par des slogans, par des incantations ou par des illusions. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une alternance, ce n’est pas de savoir qui d’entre nous aura la responsabilité de nous conduire jusqu’en 2007, mais un approfondissement ou un coup d’arrêt à la crise démocratique. Voilà le sens, maintenant, de notre travail collectif.

Nous sommes en effet dans une crise.

1. Elle est d’abord européenne.
Il est trop tôt, encore, pour mesurer les conséquences du « Non » français au référendum. Il faudra d’ailleurs en faire régulièrement l’évaluation. Mais, d’ores et déjà, il apparaît que le Traité constitutionnel est en train d’agoniser. Certains s’en réjouiront, d’autres le déploreront. Et que, pour le moins, il n’existe à l’heure d’aujourd’hui aucun « Plan B ». Le « Non » français en entraîne d’autres : déjà celui des Pays-Bas. Les plus optimistes y verront la contestation du libéralisme, d’autres pourront y voir son succès, puisque plusieurs pays s’engouffrent dans la brèche pour en finir une bonne foi avec l’Europe politique. Il faudra suivre les conséquences du « Non » de la France sur l’Europe et mettre en regard les propos d’hier avec les résultats de demain.

Entre la résurgence des nations (et je ne parle pas encore des nationalismes) et l’aspiration fédérale, le combat n’est pas joué.
Et, quand on voit avec quelle vitesse chacun des pays détricote l’Europe, tire sur son fil pour espérer en avoir davantage au détriment des autres, c’est vrai que la crainte existe.

Qui peut croire que Jacques Chirac et son nouveau Ministre des Affaires étrangères sont les mieux placés pour dénouer la crise ? À tout le moins, il y faudra du temps. Et nous avons tous ensemble à prendre des initiatives. Elles doivent passer par le mouvement socialiste européen, car nous n’avons pas d’autres alliés en Europe. Je demande que le Conseil national s’adresse au PSE pour que soit organisée, dans les meilleurs délais c’est-à-dire avant l’été, une Convention socialiste européenne sur l’avenir de l’Europe politique. C’est à nous de reprendre l’initiative.

Il ne s’agit plus de débattre entre socialistes français, entre socialistes européens du « Oui » et du « Non », mais de partir de la situation actuelle pour trouver, avec les progressistes européens, les issues conformes à nos propres engagements. Si le mouvement progressiste lui-même ne définit pas les conditions d’une issue de la crise, alors il y aura la crise et elle ne sera ni favorable à l’Europe sociale, ni favorable à l’Europe politique.

2. La crise de la France
C’est d’abord une crise du système Chirac. Nous vivons l’épilogue d’un mandat fondé sur le mensonge, prolongé par un malentendu et dont le but ultime est sa seule protection.

Face au désaveu des urnes, à l’impopularité record, à la somme des échecs dont la France et maintenant l’Europe font les frais ; un Président, surtout de tradition gaulliste, en aurait tiré les conclusions immédiates. Jacques Chirac fait le choix inverse. Il ne nous surprend pas. Nous l’avions dit avant le référendum. Ne pas démissionner, c’est la seule promesse aujourd’hui qu’il est capable de tenir.

Le gouvernement qu’il a constitué est celui du dernier carré, avec ses anciens collaborateurs à l’Elysée aux postes clé, à commencer par le Premier ministre. Mais, il a été obligé, pour la première fois sous la Vè République, d’en nommer un autre qui, lui-même, y a introduit son propre clan. Ainsi, coexiste au sein du même gouvernement deux rivaux, deux équipes et deux politiques. Le seul point commun est le bonapartisme. L’un reconstitue les 100 jours et l’autre prépare le 18 Brumaire. Personne ne peut avoir le moindre doute, la moindre illusion sur la réussite d’un tel attelage.

Il s’installe dans le manquement aux règles : un Premier ministre dépourvu de tout mandat électif, un Ministre de l’Intérieur cumulant la présidence d’un parti majoritaire et chargé de préparer les élections autant que la sienne, et la présidence d’un conseil général. Les moyens de l’Etat au service des protections personnelles et le Parlement abaissé. Mais, surtout, ce gouvernement est incapable de répondre au défi qu’il s’est lui-même posé. C’est la quatrième fois depuis 2002 que Jacques Chirac, avec les mêmes mots impulsion et mobilisation, annonce un nouveau plan pour l’emploi. Et le nombre de chômeurs, dans le même temps, s’est accru de 200 000.

Il y a donc coexistence d’une crise de régime, d’une crise politique et d’une crise sociale.

À l’évidence, le système institutionnel n’en sortira pas indemne. Et tant mieux. Un changement rapide s’impose dans l’organisation même de notre République et qui doit aller bien au-delà des pratiques pour porter le pouvoir présidentiel lui-même.

Mais, dans les prochains mois, toutes les exaspérations sociales vont continuer de s’exprimer d’une façon ou d’une autre. Et les mécontentements ne peuvent s’apaiser dans un contexte de croissance ralentie, de chômage élevé et de pouvoir d’achat atrophié. Tous les ingrédients d’un mécontentement social grandissant sont réunis.

Dès lors, cette crise doit trouver un débouché politique d’ici 2007 :

La droite a choisi une stratégie : une stratégie libéralo- sécuritaire. Il s’agit à la fois d’abandonner le modèle social mais aussi le modèle républicain. Puisque le pays a peur, il doit être rassuré non pas par des sécurités sociales renforcées, mais par des politiques sécuritaires spectaculaires : l’éradication des voyous devient un programme politique à lui seul ! Et la question de l’immigration va devenir l’enjeu majeur pour la droite. La droite qui sait que la France n’est pas libérale est en train de chasser sur les terres de l’extrême droite pour retrouver ce qu’elle a perdu sur le terrain social. Elle répond par l’ordre public au désordre social qu’elle crée parallèlement.
La gauche est devant un choix : ou bien elle agrège la somme des mécontentements, additionne toutes les revendications, les demandes et les aspirations catégorielles. Il n’est pas sûr qu’elle soit entendue. Mais, elle lèvera des illusions qu’elle aura bien du mal à calmer, sauf à ruser, biaiser ou tromper. Enflant encore la crise démocratique. Ou bien, la gauche porte un projet qui répond concrètement, et avec volonté, aux grandes attentes du pays, notamment sur l’emploi, le logement, l’éducation, donne du sens, fixe les étapes, mobilise les financements. Alors, nous pouvons être en situation non pas de profiter de la crise, mais d’en être le débouché politique et démocratique.


Telle est la tâche du Parti socialiste, au lendemain du 29 mai, au-delà du « Oui » ou du « Non ».


Notre premier devoir, c’est de nous rassembler. Nous le dirons tous aujourd’hui. Mais, faut-il être francs entre nous. Nous ne nous rassemblerons que dans la clarté sur la politique et nos règles de vie collective. Il s’est passé des choses graves dans notre famille, inédites dans notre histoire depuis Epinay. Un engagement de congrès avait posé le principe d’une consultation militante sur le Traité constitutionnel. Un vote a donc été réclamé légitimement au lendemain de l’annonce d’un référendum dans le pays. Il a donné lieu à un débat interne –dont nous sommes collectivement fiers- et à un résultat incontestable. Il a été floué par bon nombre de ceux qui l’avaient réclamé. Et la direction même du Parti socialiste s’est exprimée contradictoirement. Pire même, une campagne a été menée contre celle du parti socialiste. Et des camarades ont pu participer à des réunions avec des mouvements politiques qui n’appellent pas toujours à voter pour nous au second tour des élections législatives. Des militants socialistes ont même vu leurs affiches recouvertes par d’autres camarades. Bref, ces comportements ont heurté, blessé nos adhérents. Ils ont troublé notre électorat et brouillé la position approuvée démocratiquement par notre parti.

Durant la campagne, j’ai voulu éviter l’irréparable qui aurait créé l’irréversible. On me l’a reproché. Je l’assume. Aujourd’hui, nous nous retrouvons et nous avons à redéfinir ensemble les règles de notre vie collective. Et la première est de rappeler le rôle d’un parti, sans lequel, il n’y a pas de démocratie représentative. Il n’y a pas deux légitimités, celle de l’extérieur et celle de l’intérieur. Il y a la décision libre de militants informés et responsables. Et il y a le jugement des électeurs. Ils ne coïncident pas toujours. Sinon, nous serions à l’abri de toutes les défaites. Nous avons donc à rassembler nos électeurs, mais nous avons aussi des positions à prendre, des choix à faire, des engagements à assumer et des convictions à faire partager, qui n’épousent pas toujours l’air du temps, et qui ne conduisent pas toujours la colère de choisir une mauvaise cible.

Aussi, le rassemblement doit se faire sur une conception du parti qui consiste également à choisir, comme il l’entend, ses candidats. Nos candidats seront choisis par le Parti socialiste et pas par d’autres.

Notre second devoir, c’est de rassembler la gauche.
Elle s’est divisée entre les familles de la gauche plurielle et au sein des familles de la gauche plurielle. D’autres regroupements ont eu lieu à ses franges. Je ne sais ce que sera leur devenir. C’est l’affaire de ces groupes. Si leur démarche permet de reposer la question d’une participation au pouvoir avec toute la gauche, c’est-à-dire avec le PS, le dialogue est possible. S’il s’agit d’une confrontation avec le PS lui-même, les électeurs trancheront souverainement, mais le risque d’un nouveau malentendu à gauche n’est pas exclu.

Mais, la réponse est d’abord de notre côté pas du leur. Et, là aussi, la clarté est nécessaire. C’est le PS qui doit fixer la ligne du rassemblement, son contenu et ses formes et non se les faire imposer de l’extérieur. Il doit affirmer lui-même ses idées pour ouvrir, ensuite, un dialogue avec tous ceux qui veulent exercer la responsabilité du pouvoir avec nous.
Dès lors, si nous voulons répondre au défi politique qui nous est posé, celui des changements attendus,
si nous voulons dépasser le « Oui » et le « Non » tout en prenant nos responsabilités européennes,
si nous voulons proposer un contrat durable au pays et rassembler la gauche autour de lui
si nous voulons confirmer le respect de nos règles collectives, il faut ouvrir un débat entre nous et donner la parole aux militants. La seule méthode est celle de la démocratie.

Je propose donc un congrès sur le projet. Il portera donc sur l’essentiel, les orientations sur lesquelles sera fondée l’alternance. Il ne s’agit donc ni d’un retour sur le passé, ni d’une désignation avant l’heure, mais d’un exercice de vérité entre nous sur nos grandes propositions de réforme et notre stratégie de rassemblement. Il n’y a pas de temps à perdre sur le projet. Nous devons être prêts, peut-être plus tôt qu’il n’est prévu. Aussi, j’estime que ce congrès sur le projet devrait se tenir en novembre.

Pour préparer cette échéance consacrée au projet, à l’orientation et à la stratégie de rassemblement, je reconstituerai une direction du Parti socialiste sur un principe simple : la cohérence. La majorité de Dijon s’est séparée, non pas tant sur le « Oui » et sur le « Non » que sur le respect du vote des militants.

Mais, c’est au congrès que nous aurons à reformer les équipes et les majorités. Je souhaite que nous nous retrouvions tous dans cette perspective et que nous fassions les choix utiles à notre pays et conformes à nos valeurs de gauche. Ce seront les militants qui décideront. Ils restent, pour moi, la seule référence dans une démocratie de parti. Et ils ont montré, dans des moments heureux comme malheureux, leur sens des responsabilités. Ils savent que le seul objectif, c’est de convaincre les Français et non pas de gérer un appareil. Ils savent qu’il faut être majoritaire dans les élections et pas simplement dans leur parti.

Il nous revient donc, avec eux, de nous tourner vers le seul enjeu qui compte : le changement dans le pays. C’est le seul enjeu qui vaille. Le seul qui nous rassemble tous.
Toute la gauche européenne dit Oui
Tous les responsables européens de la gauche politique et sociale étaient rassemblés au Cirque d'Hiver pour dire Oui au traité Constitutionnel. Socialistes, sociaux-démocrates, Verts, syndicats de travailleurs disent Oui à la Constitution.

John MONKS
, Secrétaire Général de la confédération européenne des syndicats
« Depuis des mois, l'immense majorité des syndicats européens soutient cette Constitution, qui n'a rien à voir avec le néo-libéralisme, et avec la directive Bolkestein. Le capitalisme n'a pas besoin d'une Constitution. Nous Oui !. Nous ne voulons pas d'une Europe qui se résume au libre-échange. Ne remettons pas en cause les rêves de Monnet et de Delors. »

Safia OTOKORE, Secrétaire nationale du parti socialiste
« Je terminerai en faisant un voeu pour un continent qui m'est cher, l'Afrique, et qui nous regardera aussi le 29 mai, je lui souhaite lui aussi un jour de trouver ses Monnet, Schuman, Mitterrand, ... pour qu'enfin ce continent connaisse la paix. Je pense qu'une Europe forte peut y contribuer, c'est en tout cas ma conviction. »

Josep BORRELL, Président du Parlement européen, Espagne
« Ne donnez pas un coup de pied au Gouvernement sur les fesses de l'Europe, et de tous les autres Européens » « Plusieurs refus ne font pas un projet. » « N'ayez pas peur du plombier polonais comme autrefois, vous aviez peur du maçon portugais. » « La constitution est un cadre. C'est à nous de peindre dans ce cadre avec nos couleurs ».

Martin SCHULZ, Président du Groupe socialiste au Parlement européen, Allemagne
« L'axe franco allemand est un élément essentiel. Nous avons ratifié la Constitution à 95% au Bundestag. Est-il possible d'avoir un Oui allemand et un Non français ? Nous avons besoin de la France. »

Piero FASSINO, Secrétaire des Démocrates de gauche, Italie
« La droite n'a pas besoin de la Constitution. Les citoyens les plus faibles, si » « L'Europe est l'espoir de tous les progressistes dans le monde ».

Elisabeth GUIGOU, Députée
« Je vous appelle à un OUI de fierté pour tout ce qui a été accompli, un OUI d'espoir dans la gauche européenne, un OUI d'enthousiasme pour ce qui nous reste à faire ».

Jean ASSELBORN, Ministre des affaires étrangères, Luxembourg
« L'Europe n'a ni le droit ni le loisir de perdre de longues années. Le plan B n'est qu'un leurre. »

Elio DI RUPO, Président du Parti Socialiste, Belgique
« Je m'adresse à ces gens de gauche qui hésitent. Je comprends leur désarroi. Là où il y a un mensonge c'est de faire croire que la constitution aurait un rapport avec la dérive libérale. La constitution c'est une boite à outil et tout dépendra des maçons. C'est en gagnant les élections futures que nous ferons l'Europe que nous voulons ».

Joshka FISCHER, Ministre des Affaires étrangères, Vert, Allemagne
« Nous avons besoin de cette constitution car le monde ne va pas nous attendre. »
« Si c'est le Non, l'Europe ne va pas couler, mais elle sera infiniment plus faible ».
« La France est le pays fondateur de l'Europe. C'est le cœur de cette Europe. L'Europe a besoin de la France c'est pourquoi nous avons besoin de votre Oui clair et net. »

Jiri PAROUBEK, Premier Ministre Tchèque
« Ayant vécu sous un régime totalitaire, la République tchèque connaît le prix de la liberté : c'est l'Europe. Pour la première fois, nous partageons une part de notre souveraineté. »

Mario SOARES, Ancien président de la République, Portugal
« Je suis venu vous voir comme un Portugais qui aime la France, pays qui m'a accueilli pendant mon exil. Le Portugal sait ce qu'il doit à l'Europe. L'Europe doit continuer en devenant un poids politique dans le monde. Pour poursuivre notre aventure commune, parce que l'Europe a besoin de la France, il faut dire Oui ».

Carmen ROMERO, Membre du PSOE, Espagne
« La Constitution est un consensus. Certes, nous n'avons pas été capables d'avoir des gouvernements de gauche partout en Europe pour négocier une constitution idéale. En défendant le tout, on prend le risque d'arriver au rien. Le Non c'est le danger du rien ».

Ruairi QUINN, Ancien leader du Parti Travailliste, Irlande
« L'Irlande a gagné son indépendance en 1921 mais n'a trouvé sa libération qu'avec l'Europe. Qui est la mère de l'Europe et donc de cette libération ? C'est la France. Il est inimaginable que le 29 mai, notre mère, la France, puisse dire Non à ses enfants. »

George PAPANDREOU, Président du PASOK, Grèce
« Je dis oui parce que pour nous la constitution est un début et non une fin. Un point de départ pour l'Europe que nous voulons. Venant des Balkans je sais que cette constitution va stabiliser notre région. Mon père et mon grand-père étaient persécutés pour leurs idées. Avec cette constitution, nous réinventons notre démocratie. Mon Oui est un Oui de combat. »

Paavo LIPPONEN, Ancien premier Ministre, leader des sociaux-démocrates, Finlande
« Si la France disait Non, elle renoncerait à sa position de leader en Europe. Ce traité offre à la France une possibilité accrue d'exercer son leadership. Il m'est impossible d'imaginer l'Europe sans la France au Coeur »

Tadeusz IWINSKI, direction nationale du SLD, Pologne
« Dans ce traité, il y a un mot qui compte énormément : Solidarnosc. Solidarité, c'est le mot clé pour nous.

Istvan HILLLER, Président des sociaux-démocrates, Hongrie
« La fierté, c'est la culture, l'histoire et l'avenir. L'Europe est notre fierté commune. Ceux qui disent non attaquent notre fierté commune ».

Poul Nyrup RASMUSSEN, Président du Parti Socialiste européen. Danemark
« Quand j'étais jeune, j'ai vu mon père perdre son job et c'est pour ça que je me suis engagé en politique. Il faut donner des cadres pour que l'économie soit le serviteur de l'homme, pas son patron. Cette Constitution nous donne le cadre. »
« Les socialistes européens disent Oui au traité Constitutionnel, pas à Chirac. Chirac vous énerve. Moi aussi. »
« Quand j'étais Premier ministre du Danemark, François Mitterrand m'a dit : « Jeune homme, maintenant l'Europe c'est vous. Je vous le dit à tous : Maintenant l'Europe, c'est vous. »
Campagne pour un Oui socialiste
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LE BLOG. Chaque jour, militants, sympathisants, dirigeants du PS se
relaient pour dire les raisons de leur Oui. Vous pouvez réagir ici
http://www.ouisocialiste.net/article.php3?id_article=896
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Prostitution et traité constitutionnel : stop à l'intoxication et à la
manipulation!
Par Naïma Charaï, Conseillère régionale d'Aquitaine

Le dernier tract catastrophe présenté par l'association Attac, dans le
cadre de sa campagne pour le Non au Traité Constitutionnel, frappe fort
mais faux : « Anna, jeune slovaque : chez moi, il y a 20% de chômage,
alors je suis venue travailler ici dans un salon de massage. Mais je me
suis retrouvée sur le trottoir, dans les mains de la mafia. L'Europe est
une plaque tournante de la prostitution. Pourtant, la Constitution ne
cherche pas à lutter contre. Alors, il faut voter non ! ».

Une chose est sûre : une nouvelle étape dans le mensonge et la démagogie,
a été franchie dans cette campagne, et cela est d'autant plus surprenant
que c'est Attac, association dite « d'éducation populaire », qui s'en
est chargée. Ce tract est scandaleux à plus d'un titre.

Prétendre que le Traité Constitutionnel ne cherche pas à lutter contre la
prostitution, et sa « globalisation », relève de la plus grande
malhonnêteté.

Le rattachement de la Charte des Droits Fondamentaux à la Constitution
donne une valeur juridique aux principes qui y sont défendus, et les
institutions de l'Union, les Etats membres et leurs citoyens devront s'y
conformer. Cinq domaines de droit y sont énoncés et devront être respectés
: il s'agit du respect de la dignité humaine, des libertés, de
l'égalité, de la solidarité et de la citoyenneté.

Ce texte place clairement la personne humaine au centre de la construction
européenne : qui aura alors la mauvaise foi d'insinuer que le Traité
Constitutionnel ne donne pas les moyens de lutter contre l'exploitation
de la traite des êtres humains ? Jusqu'à preuve du contraire, la
prostitution, c'est justement la négation de la dignité humaine et de la
liberté.

Mon combat quotidien, mon travail de terrain contre la traite des êtres
humains m'autorisent à dire que ce type de textes nous donne les moyens
juridiques de lutter contre la prostitution. Je ne citerai que la
Déclaration des Droits de l'Homme, la Convention de lutte et de
répression contre la Traite des êtres humains de 1949 ou encore
l'Ordonnance de 1960 appliquant cette convention.

C'est la stricte application de ces mesures qui est un rempart efficace
contre la prostitution. Le traité constitutionnel fait avancer la
lisibilité politique de l'Union Européenne, et permettra de mieux ajuster
nos votes favorablement aux programmes qui auront le courage de s'attaquer
à la source de la prostitution. Ce n'est pas le 29 mai que cela se
décidera, mais ensuite, sur la base de programmes présentés aux futures
élections.

L'idée sous-jacente dans le tract d'Attac, c'est que l'Union
Européenne, en favorisant la libre circulation des personnes (Accords de
Schengen), facilite le transfert de l'Est à l'Ouest des prostituées. Une
telle lecture de la part de cette association qui jusqu'alors a mené des
combat pour une meilleure répartition des richesses, est affligeante.

La libre circulation des personnes sur l'ensemble des territoires des
états membres favorise justement une meilleure répartition des richesses :
c'est un outil de développement pour les pays entrants. L'Union
Européenne oeuvre bien dans le sens d'un développement mieux équilibré
sur l'ensemble de la planète, dans les rapports nord-sud, puis, en ce qui
nous concerne ici, des rapports est-ouest, et c'est bien l'un des
avantages qu'il y a eu à élargir si vite l'Union à 25 membres.

En cette fin de campagne, les arguments se font malheureusement de plus en
plus violents et scandaleux, et j'en veux aux mandataires du NON qui, dans
une dérive jusqueboutiste, développent des idées fausses, de nature à
installer un climat de peur, dans l'espoir de susciter un réflexe
conservateur des électeurs dans l'isoloir.

Il me paraît honteux de bâtir des arguments de campagne, aussi incertains,
sur les tragédies que vivent au quotidien les femmes prostituées. Exploiter
la misère humaine pour détourner le sens du Traité Constitutionnel et
fausser le scrutin du 29 mai est tout simplement irresponsable,
démagogique et indigne.
Discours de François Hollande
Chers Amis, Chers Camarades,

Nous devons le succès de cette manifestation à tous nos amis européens qui sont venus, non pas pour nous aider, mais faire la campagne avec nous car, cette campagne pour le référendum du 29 mai est la leur. La question qui est posée et posée à toute l’Europe. Voulons-nous ou pas le Traité constitutionnel ? Et de la réponse de la France, c’est vrai, dépend la suite du processus. En venant ici, à Paris, ils sont venus faire campagne pour l’Europe, pour leur pays et pour l’avenir en commun qui est le nôtre.

La gauche européenne est là ce soir. Tous les partis socialistes d’Europe sont là ; il n’en manquait aucun, car tous les partis socialistes d’Europe votent « Oui » au Traité constitutionnel. La gauche européenne est là ce soir avec les Verts ; la gauche européenne est là aussi avec la gauche sociale. Pour nous, il n’y a pas de différence entre la gauche politique et la gauche sociale. Et, pour nous, la gauche sociale, c’est d’abord le syndicalisme européen et rien d’autre. La gauche européenne est là et elle ne pouvait pas être ailleurs.

Nous sommes rassemblés pour le référendum du 29 mai. Notre camarade polonais nous disait que le vote du référendum aura lieu le jour de l’élection présidentielle. Nous aurions dû y songer ! Cela nous aurait peut-être simplifié les choses, y compris au Parti socialiste ! Mais, que voulez-vous, nous n’avons pas eu le choix du moment ! On a le choix de la réponse. Et, si nous avons dit « Oui », nous socialistes français, c’est parce que les militants socialistes en ont décidé ainsi. S’ils ont fait ce choix, c’est d’abord en fidélité avec leur histoire ; l’histoire de la construction européenne qui doit beaucoup à des générations de l’après-guerre qui ont compris, plus tôt que d’autres et après des drames hélas, qu’il fallait bâtir l’Europe. Je veux saluer ces générations-là ; elles nous ont donné l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui : l’Europe de la paix, l’Europe de la démocratie, l’Europe de la réunification de notre continent, l’Europe qui est aujourd’hui la première puissance économique du monde. Poul Rasmussen a raison : il revient à notre génération de faire l’Europe pour les 50 prochaines années.

Du choix que l’on fera maintenant, à travers une Europe politique, une Europe sociale, un Traité qui n’est d’ailleurs qu’une étape, nous dessinons les contours de la future Europe. Nous ne redoutons rien, nous n’avons peur de rien. C’est sans doute plus facile aujourd’hui de faire l’Europe de demain qu’il n’était pas possible de la faire après la seconde guerre mondiale quand tout était détruit.
Pour notre génération, il s’agit de préserver la paix -ici, elle est acquise, et encore- et de la porter partout dans le monde. La responsabilité de l’Europe d’aujourd’hui n’est pas de faire la paix pour elle, mais de la faire pour le monde. C’est sa mission pour ne pas laisser les autres en décider autrement.

Notre responsabilité est aussi de maîtriser la mondialisation, de répondre aux défis de la compétition, de l’émergence de nouvelles puissances, de faire en sorte que la démocratie prenne ses droits sur le marché. C’est sûrement un défi difficile et c’est pourquoi nous avons besoin du Traité constitutionnel. Non pas qu’il nous donne à lui seul les instruments et les leviers ; mais sans le Traité constitutionnel, nous sommes sûrs de n’avoir que le marché, fut-il accompagné d’une monnaie. Voilà pourquoi, nous devons relever le défi de la mondialisation, ne rien craindre de l’ouverture, mais faire en sorte que l’Europe soit en capacité de fixer des règles pour elle, mais aussi pour le monde. L’Afrique et l’Amérique latine nous regardent en espérant que l’Europe sera leur alliée dans ce beau combat, dans ce nécessaire combat pour la dignité, pour le développement et pour la démocratie.

Il nous revient d’être enfin une Europe politique. Nos prédécesseurs ont fait l’Europe du marché, celle de la monnaie. À nous de faire l’Europe de la politique, de la défense, de la protection, de la sécurité. À nous de porter un message non pas de puissance, mais de paix à travers le monde. Le monde a besoin d’une Europe forte, d’une Europe politique, et c’est le Traité constitutionnel qui nous en donne, maintenant, la possibilité et l’ouverture.

Je sais qu’il y a d’autres étapes et d’autres échéances qui nous attendent. De ce point de vue, c’est le « Oui » qui ouvre, c’est le « Oui » qui avance, c’est le « Oui » qui met en mouvement, c’est le « Oui » qui crée de la dynamique, de l’enthousiasme pour d’autres rendez-vous. Le Traité constitutionnel n’est pas l’achèvement, n’est pas l’accomplissement de notre combat, il permet simplement d’en ouvrir d’autres. Et c’est pourquoi je lance ici une initiative que doit prendre le mouvement socialiste européen : dans le Traité, des instruments nous sont donnés et il y a des leviers que nous pouvons actionner. Je demande que nous prenions tous l’engagement qu’avec le vote du Traité constitutionnel nous puissions porter, à travers le droit de pétition, la première loi européenne qui doit être une loi européenne sur les services publics. Voilà ce que devrait faire le mouvement socialiste à travers toute l’Europe. Il faut porter cette pétition et affirmer notre volonté d’une loi européenne sur les services publics.

Au-delà du traité, ce qui va faire maintenant clivage en Europe entre la gauche et la droite, c’est l’usage des outils, des instruments, des leviers qui nous sont offerts par le traité.

Il nous reste dix jours pour convaincre, dix jours pour nous adresser à tous ceux –et ils sont nombreux- qui sont exaspérés par la politique de la droite depuis trois ans. Pensez à ce qu’ils subissent : chômage en hausse, pouvoir d’achat en berne, les inégalités sociales qui se creusent, jour de pentecôte supprimé et ces provocations répétées du pouvoir, ces interventions de Premier ministre finissant ainsi qu’un Président en fin de règne. C’est vrai, il serait tellement simple, tentant, d’utiliser un référendum à fin de se débarrasser de tout cela. Mais pour quel résultat ? En visant la droite, le gouvernement, le Président de la République, nous ne toucherions que l’Europe elle-même. Ce serait elle la victime de l’exaspération des Français. Nous ne le voulons pas. C’est notre conception de la politique ; c’est la dignité que nous donnons à notre combat ; c’est le sens des responsabilités qui est le nôtre. Nous considérons qu’en 2007, après notre retour au pouvoir (parce que nous y reviendrons), nous avons besoin d’une Europe forte, d’une Europe en marche, en mouvement et pas d’une Europe en panne.

Pour mener ce combat-là, nous en avons appelé à la vérité, parce que c’est la vérité qui doit convaincre nos concitoyens que le Traité constitutionnel est meilleur que tous les traités existants, que sur les plans de la démocratie, du social, de la protection des droits et des libertés, sur le plan des institutions et de la cohérence, il n’y a que des avancées dans le Traité et aucun recul. Nous devons dire la vérité, en disant que le Traité constitutionnel en lui seul ne permettra pas de lutter contre le chômage ou de vaincre contre les délocalisations. Mais, qui peut prétendre aujourd’hui, face à un travailleur menacé de délocalisation, que si on refuse le Traité constitutionnel, il sera protégé dans son emploi ? Qui peut prétendre vraiment que si le « Oui » ou le « Non » l’emporte, il en sera fait de la compétition mondiale ? Qui peut prétendre qu’aucun travailleur, aucun salarié ne sera menacé dans son emploi ? Nous ne le disons pas en votant « Oui ». Ce que nous disons, c’est qu’avec le Traité il sera possible d’harmoniser, de faire converger les droits sociaux, les droits salariaux. Il sera aussi possible de faire des prescriptions minimales pour que ceux qui nous ont rejoint puissent connaître le même niveau de développement que nous. Mais, nous disons qu’il faudra du temps, de la persévérance et surtout d’avantage de gouvernements de gauche en Europe si nous voulons atteindre cet objectif.

Tout dépendra, au-delà du Traité, des choix politiques que feront les peuples au moment des renouvellements de majorité –comme en France en 2007 et avant en Italie en 2006. Saluons, d’ailleurs, les Italiens qui ont été capables, et sans état d’âme, de voter le Traité constitutionnel en infligeant la pire défaite à Berlusconi ! Et nul n’a prétendu qu’il pouvait y avoir un lien entre l’un et l’autre. Cela dépendra donc des choix politiques que nous ferons dans chacun de nos pays et aussi des choix politiques que le peuple européen fera en désignant une majorité de gauche –je l’espère- au Parlement européen lors du prochain renouvellement. Voilà le sens de notre combat.

Et puis, si nous le menons au nom de la vérité, nous le faisons avec courage. Il nous a fallu refuser toutes les facilités, toutes les simplifications, toutes les caricatures. Il eut été simple de travestir la réalité, de laisser penser qu’il pouvait y avoir un enjeu de politique intérieure, là où il n’y avait qu’un enjeu européen ; il eut été commode de récupérer le mécontentement et la colère ; il eut été tentant de faire, en 2005, la préparation d’une autre échéance –celle de 2007. Nous ne l’avons pas voulu. Nous avons défendu avec courage –et nous continuerons de le faire- ce Traité, parce qu’il est meilleur. Nous avons défendu avec courage notre idéal de socialistes et notre idéal d’européens. Nous avons défendu avec courage la ligne qui, depuis toujours, est la nôtre : de 1957 jusqu’à aujourd’hui, du Traité de Rome jusqu’à Lionel Jospin, parce que c’est la ligne de la construction d’une Europe démocratique et sociale (avec un parti socialiste qui en prend l’initiative) que nous poursuivons.

Face à ces caricatures, à ces simplifications –notamment lorsqu’il s’agit de parler de l’arrivée des nouveaux pays de l’Est dans l’Union européenne, lorsqu’il s’est agi, pour certains, d’en faire des concurrents ou des compétiteurs là où ils ne sont que des frères et des sœurs qui veulent simplement adhérer à des valeurs communes avec nous- nous devons dire la vérité. On nous dit qu’à travers le Traité constitutionnel, c’est le débat sur l’élargissement qui est reposé. J’ouvre donc ce débat et je dis avec fierté que nous avons eu raison d’accueillir ces pays ; nous avons eu raison, parce qu’ils demandaient d’abord de venir construire avec nous le même continent, le même ensemble politique. Nous avons eu raison parce qu’ils ont été durant 50 ans sous le joug d’une dictature soviétique ; nous avons eu raison, parce qu’ils demandaient de vivre selon nos valeurs, nos principes qui sont aussi les leurs ; nous avons donc eu raison. D’ailleurs, qu’aurions-nous pu leur dire ? Qu’ils étaient trop pauvres ? Qu’ils nous auraient fait concurrence ? Qu’ils n’avaient pas eu de chance à être libérés par les Soviétiques plutôt que par les Américains ou les Britanniques ? Nous aurions dit qu’ils étaient trop loin de nous, alors qu’ils ne sont qu’à une ou deux heures d’avion ! Nous aurions commis cet acte nationaliste que de leur dire « Vous n’êtes pas chez vous en Europe » !
Je leur dis : « Bienvenue en Europe ; venez avec nous et restez avec nous. Vous êtes des citoyens européens à part entière ; nous ne vous craignons pas. Vous connaîtrez le développement, les droits sociaux grâce au Traité constitutionnel ».

Il faut nous adresser à tous ceux qui hésitent, qui s’interrogent encore, qui se demandent ce qu’ils vont faire, à tous ceux qui s’inquiètent. C’est à nous de les convaincre. Aujourd’hui, rien n’est joué, rien n’est acquis. Tout dépend de ceux précisément qui n’ont pas pris leur décision. Ils sont peut-être les plus nombreux aujourd’hui. Qu’ils nous regardent, fiers de notre idéal.

Battons-nous jusqu'au dernier jour et prenons conscience que nous servons l’Europe en tant que socialistes et que nous portons l’idéal d’une France ouverte, généreuse, solidaire. Battons-nous car nous poursuivons le beau combat du socialisme qui n’a jamais de frontière, parce qu’il est internationaliste et européen. Soyons fiers.
Lancement de la nouvelle version du site Georges-Bescher.com
Aujourd'hui, nous publions la nouvelle version du site de Georges Bescher, Conseiller général du canton du Touvet.
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